À l’heure où nous quittons les GAFAMS… Il faut faire. Défaire. Refaire. Construire. Déconstruire. Migrer Recommencer.
Je ne pourrais dater avec exactitude le jour de mes premiers pas sur le web tel que je le pratique aujourd’hui. Adolescent, je lisais metalorgie.org ou je surfais sur les skyblogs. Étudiant en journalisme, je lançais mon blog sur over-blog pour prendre de l’avance à l’époque où la presse ne s’intéressait pas au Web (2007-2008). Adulte, j’ai créé mon CV sur mon Doyoubuzz. Il y a eu des avants, des après, des pierres blanches sur le chemins, des points de bascules, des changements majeurs.
J’ai investi le web avec des milliers de pages, des centaines de comptes, j’ai testé une multitude d’outils, j’ai vu des sites ouvrir et fermer. J’ai vu des ratages au décollage, des projets mort-nés. J’ai vu des espaces que j’aimais se pourrir de l’intérieur : s’emmerdifier. J’ai connu des beaux moments sur Facebook et Twitter avant d’en avoir la nausée car « Tout devient de la merde et nous n’arrivons plus à nous en sortir », le web s’est emmerdifié, la découverte de ce concept fut un changement majeur.
“L’histoire des hommes se reflète dans l’histoire des cloaques”, écrivait Victor Hugo. Le combat contre l’emmerdification est le grand combat du 21e siècle. C’est un combat pour l’humanité, pour la beauté et pour la démocratie. La liberté viendra à ceux qui savent débrancher, mais d’ici-là il faudra traverser encore longtemps le marais de merde qu’est devenu notre civilisation. » Père Duchesne
J’ai redessiné cent fois la carte de mon identité numérique, à ouvrir de nouveaux espaces, conquérir de nouveaux territoires, à me demander comment atteindre ? Comment diffuser ?
J’ai jardiné mes présentations. J’ai déménagé. J’ai planté ma tente ailleurs. J’ai migré sous d’autres cieux. Le web est un camping et « Le cosmos est mon campement ». Le travail du numérique n’est jamais fini.
Ces dernières années, j’ai quitté, j’ai désinvesti, les espaces de la Big Tech (Gafam et consort), (mais on n’en sort jamais vraiment – surtout seul) pour mieux explorer le Fediverse. Les médias sociaux décentralisés et fédérés : Mastodon, Peertube, Plume, Pixelfeld… La liste est longue. Vous ne comprenez pas cette dernière phrase ? Je vais faire une analogie simple.
Les Big Tech c’est un continent où tout le monde, tous les jours, doit prendre le métro ou le train pour passer par la métropole-capitale-centrale. Le Fediverse ce sont des archipels : des milliers et milliers de petites îles (serveurs ou instances) qui choisissent de se lier entre elles ou non (fédération).
Pour ma part, je ressens le besoin d’écrire, de faire long, de dépasser les 500 caractères. Retrouver le web d’avant, le vintage web, le formica web, un web revival plus écolo. Le web des chats IRC où on l’on se dragouillais mal à la pré-puberté, des skyblogs, des lâches-ton-com, des forums, de l’ETAJV.
Ce web là, il est plus sain, plus beau, plus désirable. J’y retrouve des vrais interactions humaines. Je suis heureux de l’arpenter. Par capillarité, dans la dynamique des flux, il y a des liens à trouver dans la richesse de nos échanges pour écrire de nouvelles histoires. Je suis très heureux d’être ici, c’est un grand espace de liberté. Le web que je désire : un espace de discussion, de dialogue, de débats. Je peux me tromper. J’aime avoir tort. J’espère que le Fediverse restera petit pour rester convivial. C’est le web que j’aime, qui me plaît et que je fais.
Crédits photos : Un archipel près de Stockholm vue d’avion. Photos : Lau Svensson Licence CC-BY-SA 2.0 https://flickr.com/photos/

Ping :Je veille, tu veilles… veillons ensemble ! – Aurélien Marty