Tribune de la Ligue des Médiateurs Numériques

En BrefSuite à l’annonce de la formation de 4000 conseillers sur deux ans, un collectif informel s’est crée : la Ligue des MédNum.

Une tribune a été rédigé à plusieurs mains : “Pour un numérique à échelle humaine”.
Elle a d’ores et déjà recueilli plus de quatre-vingt signatures, dont la mienne 😉.

10 propositions pour accompagner les conseillers numériques dans le cadre du plan de relance :

  • Mobiliser l’ensemble de l’écosystème territorial
  • Accompagner les conseillers numériques
  • Renforcer la mise en réseau des acteurs
  • Consolider les postes existants
  • Intégrer les questions de posture professionnelle de médiation dans les formations
  • Évaluation
  • Pérennité
  • Autonomisation
  • Prise en compte de la diversité des populations accompagnées
  • Développer l’accessibilité des sites de l’État et des services publics

Pour découvrir l’ensemble de la tribune et la signer cliquez ici.

Image par M W de Pixabay

Faire École Ensemble, une communauté contributive

Crédits : Pixabay

A la (re)lecture de mon CV, je me suis rendu compte qu’il manque beaucoup d’expériences.

Ce qui fait mes compétences, mes savoirs se trouve entre les lignes.
Tous les événements, les offs, les communautés contributives, les Tiers-Lieux, auxquels j’ai participé ces dernières années m’ont permis de voir plus loin et d’apprendre plus vite.

Comment reconnaître toutes cette richesse ?

C’est tout l’enjeu de la contribution. Depuis le premier confinement, j’aide l’association Faire École Ensemble. Le but est d’aider les professeurs à transformer leurs pratiques pédagogiques avec le numérique.

Quel numérique voulons-nous à l’école ? “Du logiciel libre et contributif évidemment !” répondrais-je du tac au tac, mais je ne peux m’arrêter là. En tant que Conseiller Médiateur Numérique, ce n’est pas une mince affaire.

La semaine dernière en prévision des États généraux du numérique pour l’éducation nous, les contributeurs de la FÉE, nous sommes réunis pour faire un pré-sommet : les États généraux du numérique éducatif libre.

C’est exactement ce type d’événement qui ont fait le médiateur numérique que je suis aujourd’hui : de l’intelligence collective, des réunions bien préparées et bien animées, de la documentation avec des pads et des wikis, des profils très divers (profs, ingénieurs, designers, fonctionnaire et j’en passe), donc des points de vues et des échanges riches.

Au final nous avons fait des propositions pour les États Généraux du numérique pour l’éducation (l’officiel). Elles ont été (un peu) écou(r)té. Elles se résument ainsi :

  1. Reconnaître la contribution des enseignants aux communs, qu’ils s’agissent de ressources ou de logiciels libres.
  2. Participer à la création d’une fabrique des communs pédagogiques
  3. Pérenniser et ouvrir apps. edu

➡ Découvrir l’ensemble de l’intervention de la FÉE aux États Généraux du Numérique pour l’éducation. 🏫

J’ai pour ma part participer à l’atelier “Formation et Culture numérique (pour les étudiants/élèves/profs)”… évidemment la question de la médiation numérique est vite arrivée sur la table. Nos échanges constituent, je pense, des ressources précieuses pour l’avenir.

Pourquoi proposer du logiciel libre ? Il ne s’agit pas de jouer au militant, ni de faire des directives bombardées d’en haut. Il faut accompagner aux usages pour que la communauté éducative s’émancipe et devienne contributrice à son tour.

La deuxième journée des États généraux du numérique libre et des communs pédagogiques aura lieu le mercredi 18 novembre 2020.

Animer des Initiations Arduino, ce que j’ai appris

Cela fait bien longtemps que je n’ai pas alimenté ce blog, je n’en suis pas moins actif pour le moins.

Ma formation s’est arrêtée pour ce mois de décembre. Je consacre mon temps aux cours et au Lab01, Tiers-Lieux d’Ambérieu-en-Bugey, où je suis en stage. 

Afin de parfaire mes compétences de médiateur numérique, j’ai organisé des séances d’initiation Arduino.  Trois mercredis soirs d’affilé, sans pré-inscriptions, avec un peu de com’. C’est en forgeant que l’on devient forgeron.

C’est quoi Arduino ? Pourquoi Arduino ?

Arduino c’est une carte électronique dotée d’un micro-contrôleur, on peut brancher des capteurs et des actionneurs dessus. Il est possible de réaliser plein de projets sympas. (Construire des robots, imprimantes 3D, stations météos, etc…).

J’ai choisi Arduino car la manipulation de l’objet demande de faire des branchements électriques, d’écrire du code numérique et d’injecter ce code dans la carte. Dans le contexte d’un FabLab il me semble important que le public puisse toucher et manipuler, qu’il voit les effets d’un fichier numérique sur un objet réel (comme l’impression 3D).

Arduino permet également une bonne initiation au code. Il y a des outils de code visuels (nous le verrons) et l’on peut se confronter à la réalité de son IDE et la rudesse du code C.

Préparation

Rassurez vous : pas besoin d’être un hyper pro de l’Arduino pour réaliser ce type d’animations. Il suffit de bien connaître le sujet, d’être capable de réaliser quelques manipulations (faire clignoter une guirlande de leds par exemple), écrire et savoir décrypter des lignes de codes.

L’important c’est de donner le goût, le goût d’apprendre et d’aller plus loin, de chercher par soi-même. Donner l’envie d’avoir envie…

Pour communiquer, j’ai utilisé les réseaux sociaux du Lab. 
Le petit truc en plus : nous avons une Bulloterie au Lab, elle m’a permis de connaître les membres du Lab intéressés par le sujet et de leur envoyer un texto personnalisé.

En parallèle, j’ai créée une page MoviLab Arduino. J’ai simplement copié les éléments présents sur une autre page du wiki : Médiation numérique à l’internet des objets.
J’ai ensuite complété avec d’autres infos et liens et je suis arrivé à un beau résultat.

J’ai même écrit à l’ami Monsieur Bidouille pour qu’il intègre le lien dans la description de sa magnifique vidéo.

Cette page MoviLab a plusieurs fonctions :
– Elle permet de présenter et d’introduire le sujet lors de l’atelier.
– Elle sert de ressources et de trame pour l’atelier.
– Elle sert d’outil de remédiation et d’autonomisation des participants, les apprenants auront de la matière à ramener chez eux.

Pour me donner une feuille de route plus précise, je me suis servi de mes cours d’andragogie de l’ADEA et j’ai construit un scénario pédagogique. Une trame à suivre pour ne pas me perdre.

L’atelier

Le grand soir est arrivé. Tout d’abord, il faut créer l’ambiance, donner à voir et à toucher. Mettre un peu de musique, disposer du matériel à droite à gauche. Faire comprendre que l’on est dans un FabLab où l’on fait des trucs et construit des machins à partir de ses propres mains.

J’ai commencé par montrer la vidéo de U=RI. 2 minutes 30. Courte. Efficace. Elle permet d’introduire le sujet.
Ensuite, il s’agit de répéter, de remontrer, de répondre aux premières éventuelles questions. C’est également le moment de montrer les possibilités de l’Arduino avec de beaux objets comme le Smart Citizen, le Makey Makey ou la Gamebuino.

Mes ateliers ont attiré des enfants, j’ai donc adapté mon langage et réduit le nombre d’informations et d’exercices que je souhaitais donner.

Première manipulation : le Blink, brancher une led et une résistance sur la breadboard, les relier à l’Arduino et les faire clignoter grâce au bon code.

Il est possible de faire de l’Arduino sans Arduino. Tinkercad propose de faire des montages virtuels avec son programme Circuits.

Ensuite j’ai proposé aux enfants de complexifier les choses en faisant une guirlande : brancher trois leds et les faire clignoter alternativement comme un feu rouge. 

Tinkercad circuits

Un des avantages de Tinkercad est qu’il est possible de faire du code visuel et ensuite de montrer le code C produit pour mieux le traduire et le décrypter.

Une façon de poursuivre tout en simplifiant les choses est de montrer un kit Grove. Ce kit, que l’on peut acheté avec Arduino, permet de faciliter les branchements. On peut donc se concentrer sur le code.

Ce que j’ai appris

L’atelier appelé “Initiation Arduino” a surtout attiré des enfants ou des adultes qui accompagnent leurs enfants.

On ne transmet pas la même information de la même façon à un enfant de CM1 et à un élève de 3ème. Pour les petits, il est trop tôt pour écrire en C, après le premier Blink, vient le moment de jouer au Makey Makey ou code.org.

Il faut trouver à chacun le juste niveau de difficulté et le réadapter à chacun instant. Après “je ne comprends pas”, on descend d’un cran et vient le “c’est trop facile” : l’enfant avait besoin de passer par une étape plus simple pour réussir une tâche plus complexe.

Avoir un scénario pédagogique c’est bien, mais il faut savoir s’en détacher.  Impossible de faire la même séance à des enfants de niveaux différents.

Faire des Initiations Arduino doit servir des prétextes : pour découvrir le FabLab, la culture numérique, de nouveaux outils numérique.

On est vite dépassé, par la techno ou par les questions et les envies des apprenants. Impossible de devenir un expert Arduino, à moins d’en faire son métier et devenir électronicien ++. 

Faire des initiations Arduino, c’est aider les autres à franchir une barrière, celle d’un nouveau langage fait de codes et de manipulations. Et cela résume bien, je crois, la médiation numérique.