Former les Conseillers Numériques, ce que j’ai appris.

Dés Donjons et Dragons Photo de Stephen Hardy provenant de Pexels

En novembre 2020, Cedric O annonçait la formation et l’embauche de 4000 Conseillers Numériques France Service (CNFS). Je posais la question : qui veut et qui va les former ?

Réponse : moi, c’est ma mission depuis novembre 2021. Au-delà d’un simple constat, j’aimerais partager ce que j’ai appris en tant que pédagogue, formateur et médiateur numérique.

Vous le savez, je prends beaucoup de plaisir à documenter mes pratiques.
Je supporte de plus en plus mal le vacarme enfermant des médias sociaux où chacun est condamné à faire sa pub pour survivre (professionnellement). Je préfère le temps long de l’écriture et de la réflexion. Mon parcours récent a été jalonné d’expériences riches. J’ai pris encore plus de recul sur mon métier pour découvrir le large spectre couvert par le numérique et la médiation.

Avant d’attaquer, deux mots de contexte et de vocabulaire : je délivre cette formation dans une fabrique Simplon et je travaille avec un autre médiateur numérique qui fut dans le passé mon formateur à l’ADEA de Bourg-en-Bresse, Alain Imbaud.

Mon expérience

“On n’enseigne pas ce que l’on sait, on enseigne ce que l’on est.” J’ai piqué cette phrase à Jean-Noël Saintrapt un formateur expérimenté, qui lui même l’a certainement piqué à quelqu’un d’autre.

Pour enseigner au mieux le métier, je suis parti de mon vécu du métier.

En début de formation, j’ai lancé mes apprenants sur un atelier : “Médiation numérique à distance”. Ce cours était basé sur mon travail durant le deuxième confinement (hiver 2020) sur la plateforme d’écoute Solidarité Numérique. À l’époque je répondais au téléphone toute la journée pour aider des personnes en difficultés : des étudiants avec le CROUS, la CAF, Ameli…

Une semaine après ma prise de poste, je reçus l’appel d’un homme en grande détresse psychologique. Il veut se suicider et tant qu’à faire, dans les locaux de la CAF la plus proche devant les caméras de la télévision… Ce jour-là, je fus mis dos au mur. Il fallait tenir. Écouter. Ne pas lâcher. Il me fallu cinquante minutes d’appel, le temps de prévenir mes collègues, de le localiser, de collecter le maximum d’informations, pour passer la main à des personnes compétentes et qui pouvait intervenir chez lui et l’aider.

Pour faire sentir la difficulté et l’urgence de ce type de situation qui croise urgence psychologique, médiation sociale et médiation numérique, je suis allé puiser dans le livre de Loïc Gervais médiateur-écoutant lors du premier confinement. Le livre Solidarité Numérique, j’écoute ?” m’a donné de nombreux scénarios prêts à l’emploi. Exemple :

Roland appelle depuis Toulon. Il a 84 ans et vit sous respirateur. Dans 48 heures, il doit renouveler sa mutuelle pour que ses soins puissent être pris en charge. Pour cela il a besoin de fournir des justificatifs administratifs. Son auxiliaire de vie ne peut pas venir du fait du confinement. Roland ne sait pas ce qu’il doit faire au juste. Il m’explique que s’il ne fournit pas ses documents dans les délais, il n’aura plus de mutuelle. Donc plus de soins. Et potentiellement plus d’aide pour son loyer non plus. Il termine l’exposé avec sa voix tremblante et faible.”

Ça fait réfléchir, non ?

Des ateliers prétextes

Sur une note plus positive, j’ai fait un atelier “idéation d’une ville idéale en méthode agile avec des légos”. Ça fait rire ? Ça sonne bullshit ? On me dira qu’avec un titre pareil, je vais me faire retweeter par Disruptive Humans of Linked In.

Je répondrais que cet atelier fut un excellent moyen d’initier à quelques notions : c’est quoi un système, un réseau, les Tiers-Lieux, la ville “intelligentes”, l’internet des objets, les communs, le big data, les transports, le design, la laïcité (ville = lieux de cultes ?), la surveillance, les start-up et les services publics, la différence entre structures et infrastructures… Tiens on a même parlé d’encadrement des loyers ;-).

Je connais plutôt bien certains de ces sujets : j’ai été co-commissaire à la Biennale du Design de Saint Etienne en 2017 “Tiers-Lieux Fork the World” et j’ai fait des ateliers autour de l’Internet des objets lors de l’exposition “Are you talking to me ?” en 2018 (toujours à Saint-Etienne).

Ce que j’ai appris dans les Tiers-Lieux, je l’ai beaucoup employé dans cette formation : des outils, des méthodes, des processus, d’animation et de facilitation. À commencer par les métacartes “Faire ensemble” de Framasoft. Justement, c’est dans la façon de faire, que je me suis le plus amusé…

lego villesintelligentes
Des briques de légos pour concevoir et matérialiser une ville, un exercice très puissant !

Ma façon de faire

Expérimenter, expérimenter et encore expérimenter… L’enjeu de départ était de créer un groupe et de lancer une dynamique, voir les points faibles et les points forts de chacun, développer l’entraide et la complémentarité. J’ai pris le temps de connaître mes apprenants, je découvre encore leurs façons de faire et leurs méthodes d’apprentissage.

Au début, je faisais beaucoup de “brise glace”, “météo” ou encore “énergiseur” pour lancer les journées (merci les métacartes). Je pavais la route pour les apprenants et j’avais peur de lâcher la bride. Est-ce que c’est trop ou pas assez ? Trop de temps ou pas assez de temps ?

Aujourd’hui, après quelques semaines, je me sens comme un MJ dans DD. Je m’explique : Donjons et Dragons (DD) est un jeu de rôle où les joueurs avancent dans l’histoire selon leurs rythmes et leurs envies, l’histoire est raconté par un maître du jeu (MJ).

J’ai fixé les objectifs au départ. J’ai expliciter le métier et déconstruit certaines visions. Les conseillers numériques ont pris le temps en cours de lire et détailler les attendus du référentiel métier. Embauchés, les apprenants travaillent déjà dans leurs structures en alternance.

Les apprenants construisent leurs cours et leurs plannings en fonction des attendus du référentiel. La formation se réinvente au quotidien au gré de l’énergie et la dynamique du groupe. Mon rôle est d’animer, de lancer, de faciliter, de répondre aux questions, de donner de la ressource et d’appuyer les apprenants dans leurs parcours.

En action

Des exemples ? Comme tout bon médiateur numérique, ils doivent faire une veille et mieux encore une veille en commun sur les grandes thématiques du numérique. Tous les jours, ils arpentent et découvrent de nouvelles ressources dans le cadre de leurs formations. Un premier essai, avec l’outil Pearltree s’est révélé peu enthousiasmant.

Certains ont pris l’initiative d’utiliser un nouvel outil (Notion) plus complexe mais offrant plus de possibilités. Je n’avais jamais utilisé ce service web auparavant. Ce sont les apprenants qui m’ont formés et se sont formés les uns, les autres. Je n’ai donc passé une heure et demie à faire un cours avec une prez et des slides. J’ai passé une heure et demie à écouter, à compléter et à questionner ce qui était dit.

Il s’agit de mettre les conseillers numériques en action. En pédagogie on désigne cette méthodologie par l’adjectif “active”, apprendre par le faire, par la pratique. Je suis heureux de la pratiquer. Elle demande (un peu) moins de préparation avant la séance mais plus d’activités et d’attention lors des séances. Le risque est de s’endormir, de s’embourber dans un atelier trop long ou de presser les apprenants sur une deadline et leur faire rater l’essentiel. J’ai eu peur qu’elle ne convienne pas à tout le monde. Il m’a fallu un peu de temps pour ajuster ces variables. Il faut écouter les apprenants et prendre en compte leurs retours, surtout quand ils sont mauvais.

Les moments les plus inspirants sont les lancements d’ateliers quand nous décidons ensemble ce que nous allons apprendre pendant les prochains jours. Chaque apprenant vient avec ses besoins, ses demandes et ses envies. Il s’agit apprendre dans la configuration d’un atelier avec une communauté apprenante.

Dans un prochain article, j’aborderais des aspects plus critiques de la formation CNFS. Il sera temps de tirer un bilan. 😉

Bonus track :

➡ 📚 J’ai commencé à constituer une modeste curation sur l’andragogie (formation pour adultes), à découvrir en cliquant ici.

➡ 🤖 Une photo d’un M-BOT. Parce que c’est mignon et que ça ne mange pas de pain.

mbot, robot pédagogique pour apprendre à programmer
MBot, ils sont mignons ces robots pédagogiques pour apprendre à programmer. Crédits photos : les apprenants CNFS

Qui veut former les conseillers numériques?

Image par MartinL21 de Pixabay

Qui ? Quoi ? Pour quoi faire ? Et comment ?

Le 17 octobre dernier se tenait “Numérique en Communs”, l’événement en ligne a réunit les acteurs de la médiation numérique dans leur grande diversité.
Cédric O, secrétaire d’Etat au numérique, a annoncé la formation et l’embauche de 4000 conseillers numériques sur toute la France, le tout financé par l’Etat.

Un site Internet dédié de mise en relation candidats et recruteurs a été créé.
Ce sont d’abord les collectivités locales qui sont encouragées à recruter, viendra ensuite le secteur privé. Est financé : une formation de 350 heures et le poste à 100% sur deux ans ou 70% sur trois ans. Bien entendu, l’annonce n’a pas manqué de susciter débats et réaction au sein de la profession.

C’est pas du gâteau…

Qui va former les futurs conseillers numériques ?
4000 personnes à former jusqu’à fin 2022, le gouvernement veut créer un électrochoc pour aider le plus grand nombre à avoir prise sur le monde actuel.

Cela se traduit aussi par un gros gâteau 🍰 qui arrive sur le marché de la formation.

Mais qui ? Les centre de formation traditionnels type AFPA ou GRETA, les associations d’éducation populaire, les structures départementales ou régionales de médiation numérique déjà existant.e.s, les gros opérateurs connus pour leur formation au codage type Simplon… On risque d’assister au mariage de la carpe et du lapin, un choc de vision et de culture.

Dans les faits pour démarrer une session de formation il faut aligner trois planètes sur le même territoire : un groupe d’apprenants motivés, un groupe d’employeurs volontaires, et un organisme de formation légitime et compétent ; le tout sur un métier peu connu, là où les besoins sont hyper-connus…

Qui connaît un peu le monde de la formation professionnelle sait que selon le paysage sur lequel on est implantés, cela peut se révéler plus ou moins difficile. C’est pas du gâteau…

Et si l’Etat veut laisser la main aux collectivités locales, espérons que ces dernières vont saisir l’opportunité. Il faut des élus volontaires, conscients et informés… La médiation numérique doit être comprise comme un service public d’utilité locale. C’est pas du gâteau…

Quels contenus, quel référentiel pour la formation ?

D’autant plus que le financement s’étale sur deux ans, et après ? Qui financera les postes ? Que deviendront les conseillers numériques ? Ce qui nous amène au prochain débat :

Pourquoi conseillers numériques et pas médiateurs ? C’est peut-être un détail pour vous, mais dans les jours qui ont suivi l’annonce, la profession a défendu le second mot contre le premier.
Si le conseiller se limite à donner des indications, le médiateur tend vers l’autonomisation des personnes qu’ils accompagne. En somme “faire avec” > “faire à la place de” mais ce débat est loin d’être terminé. (A lire : les palimpsestes de Gérard Elbaze).

⌚ 350 heures de formation = 📅 10 semaines de cours, soit l’équivalent d’un certificat de compétence professionnelle. Pour vous donner une idée, c’est un peu moins que ma formation à l’ADEA pour un CCP (la mienne en comptait trois 📅📅📅 pour faire un titre pro 👨‍🎓).

Depuis ma place, sur le terrain, je peux vous assurer qu’à long terme cette courte formation ne permettra pas aux futurs conseillers numériques d’évoluer et de s’épanouir professionnellement.

Le métier vous oblige à apprendre continuellement, et apprendre ça s’apprend.

Sur le site du gouvernement, une offre de services et des missions d’accompagnement ont été clairement définis. On retrouve le basique, ok mais de mon point de vue, la médiation numérique ne peut se limiter à ce périmètre. Le numérique est transversal. Certains parlent même de développement territorial. La réalité du terrain et la diversité des besoins entre particuliers, publics et entreprises forment un ensemble complexe.

Promotion sociale

On m’arguera que c’est un premier pas, qu’il faut commencer quelque part, que “de 350 000 € autrefois on est passé à 250 millions”. Oui mais, j’y vois un risque, un effet pervers.

Comme les collectivités seront libres de choisir la personne recrutée, ce sont des diplômés avec CV et années d’expériences qui vont prendre ces futurs postes pour opérer une reconversion professionnelle, au détriment de personnes “éloignés”, “en difficulté” qui aurait bien besoin de comprendre le numérique. Et quoi de mieux que de transmettre pour comprendre. Les 350 heures deviennent tremplin, plus qu’un lancement. 🏄‍♀️> 🚀

Dommage, c’est un très beau métier pour faire de la promotion sociale. Aider “les plus éloignés du numériques” ce n’est pas simplement l’accès aux droits et le travail. C’est l’expression citoyenne, l’utilité sociale, la culture. Oui, je sais ce sont des grands mots et des vastes sujets mais c’est pour ça que j’aime le métier.

Soyons ambitieux, suscitons des vocations chez nos publics les plus en difficulté. Pensons sur le long terme, envisageons des parcours de long terme.

Dans les 350 heures de formation il y aura des sciences sociales nécessaires au métier, quid de l’apprendre à apprendre absolument nécessaire pour évoluer sur le marché du travail aujourd’hui ?

Cette formation devra être complétée plus tard. Avec quoi ? Les deux CCP restants de la formation Responsable d’espace de médiation numérique qui remplacera celle de Conseiller Médiateur Numérique l’été prochain ? 🧩🧩= 👩‍🎓 Mais là encore, qui dispensera ces formations ? Et surtout, en 2021… 🦠

Comment ?


En 2021, le Covid sera toujours là. Le télétravail, les MOOCS se sont popularisés, Digital Learning Manager devient un métier à la mode.
Alors comment former tout ce beau monde ? Présentiel vs distanciel. Sur LinkedIn, c’est Yann VandePutte, ingénieur de formation à l’AFPA, qui fut le premier à poser la question à la profession. Je reproduis ici ma réponse :

Il ne s’agit pas de faire la guerre présentiel vs distanciel. Les deux présentent avantages et inconvénients. Je pense que la plupart de la formation doit se dérouler en présentiel mais qu’une part de distanciel est nécessaire.

Pour plusieurs raisons :

  • Apprendre à sa promo le travail collaboratif en processus ouvert.
  • L’autonomie et l’autodiscipline, la débrouille.
  • Pousser ses apprenants à travailler et utiliser de nouveaux espaces : bibliothèques, tiers-lieux… etc…
  • L’apprendre à apprendre.

Lors de ma formation Conseiller Médiateur Numérique à ADEA formation(s) de Bourg-en-Bresse, nous avions fait un SPOC 🖖 (small private open courses ) durant une semaine sur la culture numérique avec des extraits de cours de Hervé le Crosnier (je recommande).
Nous devions rendre des travaux ensemble (travailler en groupe). Chacun avait la liberté de pousser le cours plus loin et d’en apprendre plus. Mais nous ne sommes pas tous égaux face à l’apprentissage et au numérique… Boucle bouclée.

Revoir Numériques en Communs.

Edit du 9 décembre 2020 : le marché public pour la formation des conseillers numériques est publié.


Mon premier MOOC, l’art de la pédagogie

Entre décembre 2019 et février 2020, la Grande École du Numérique proposait un cours en ligne sur “l’évaluation dans l’acquisition des compétences”. J’ai revu mes classiques et j’ai appris de nouvelles choses. 

Les MOOCs (massive open online course ou formation en ligne ouverte à tous) sont une forêt touffue dans laquelle on peut vite se perdre. Il en existe des millions sur des milliers de plateformes sur des sujets très divers (même sur l’histoire du terrorisme récent et la lutte contre la radicalisation). Moi-même, avant de rentrer en formation, je m’y étais essayé à plusieurs reprises sans grande réussite. Manque de temps, pas toujours sûr de ce que je cherchais, comme nombre d’apprenants je manquais d’assiduité… 

Pas si Massif, le MOOC

Cette fois-ci les enjeux étaient différents. Le cours était bien ciblé et bien contextualisé. Il s’adressait à une communauté précise, bien définie : les formateurs, coordinateur de formations, coordinateurs pédagogiques aux métiers du numérique, labellisée GEN… de préférence mais pas obligatoirement. 

Contrairement à une idée reçue, les MOOCs ne s’adressent pas au tout venant. Ils ne rendent pas le savoir universel accessible à tous d’un claquement de doigts, quelques pré-requis sont indispensables. L’apprenant doit savoir ce qu’il cherche ; les concepteurs pédagogiques à qui ils s’adressent et pourquoi.  

Dès le début, le temps nécessaire au MOOC était annoncé : deux à trois heures par semaine. Ce qui relève de l’ordre du possible dans une semaine de travail bien organisée.

Ce que j’ai appris

J’ai trouvé le cours bien construit, car les apprenants étaient poussés à l’action et la réflexion. Pour rappel un (bon) MOOC c’est ( ce sont ) : des cours en multimédia (texte, vidéos, sons…) + un forum + des visio-conf avec les concepteurs pédagogiques + des validations de compétences à chaque module. 

Après chaque cours, il fallait interagir, faire une proposition sur le forum et la confronter avec les autres apprenants. J’ai revu l’incontournable taxonomie de Bloom, j’ai appris le sens du mot docimologie. 

Sur les cinq modules, le plus intéressant était consacré aux OpenBadges. Le sujet est plutôt bien documenté, je vais essayer de faire bref et simple : 

Un OpenBadge, c’est comme une compétence acquise dans un jeu de rôle. 

Ex : Je suis sorcier, j’accède au niveau III grâce à mon expérience, j’acquiers la compétence nécromancie. Je vais pouvoir ressusciter les morts.

Dans le jeu de rôle du réel, un OpenBadge est une image avec des métadonnées qui valide une compétence dans un contexte particulier. 

Ex : J’ai le badge SuperMaker3D, il certifie que je sais me servir d’un scanner 3D, des logiciels de conception et d’impression 3D, et d’une imprimante 3D. Je l’ai obtenu au Lab01. Ce badge peut être reconnu dans d’autres FabLabs qui l’endossent ou reconnaissent des équivalences… et oui ce standard d’évaluation est ouvert !

Les OpenBadges sont portatifs, peuvent se partager sur des CV en ligne. À l’avenir on peut imaginer « qu’il y aura autant de badges que de sites webs » dixit le cours. Une diversité qui fera la richesse dans l’acquisition des compétences et la création de formation à la mesure de chacun.  

badgecanevas
Canevas pour créer son propre badge créé par l’association Reconnaître

Le MOOC comme outil et processus

Dans le monde de la pédagogie des formations professionnelles, des rélexions sont à l’oeuvre quant à l’utilisation des MOOCs. À la lumière de cette expérience, je crois qu’il ne faut pas voir dans le MOOC une finalité, mais un outil, un processus.

Notons quelques initiatives intéressantes : 

La région Auvergne-Rhône-Alpes lance bientôt une formation en partenariat avec l’Ecole des Mines de Saint-Etienne. Elle sera mi-MOOC, mi-FabLab. Elle s’adressera aux demandeurs d’emplois. J’imagine que le but sera de faire réaliser en FabLab ce qui a été appris grâce aux cours en lignes. 

Au Lab01, où je travaille, nous réfléchissons à la création d’un Campus Collectif. L’objectif est de réunir pendant deux heures par semaine des personnes qui suivent des cours en lignes (tutos youtube, MOOCs, tout ce qu’Internet peut offrir…) et de créer les conditions d’un partage des connaissances. Le meilleur moyen d’apprendre étant d’expliquer à d’autres ce que l’on a appris. Pour le moment nous essayons de lever les freins : trouver le bon créneau et un nombre suffisant d’apprenants.

Comme je l’ai expliqué plus haut, avant de suivre un MOOC il y a un chemin à parcourir : savoir se servir d’un ordinateur, savoir pourquoi on suit le MOOC… etc… 

Sur Internet, la plateforme We Co Learn (en cours de développement) veut mettre en relation les autodidactes, ainsi permettre la création de communautés apprenantes localisées. Un outil à tester pour les organismes de formation et les FabLabs. 

Quoi qu’il en soit, les cours en ligne s’inscrivent dans des enjeux multiples : formation continue des salariés, formation des formateurs, formation des personnes éloignées de l’emploi, réponse à de nouveaux besoins de compétences en entreprise…etc. 

Et maintenant je mets le cap sur un nouveau MOOC : l’atelier RGPD par la CNIL. 

Contribuer aux communs de la connaissance sur MoviLab :
Formation aux métiers du numérique

Merci à Catherine Serre, Mary de Paris, Sylvie Pollastri et les contributeurs anonymes pour leurs aides dans la publication de cet article.