Qui veut former les conseillers numériques?

Image par MartinL21 de Pixabay

Qui ? Quoi ? Pour quoi faire ? Et comment ?

Le 17 octobre dernier se tenait “Numérique en Communs”, l’événement en ligne a réunit les acteurs de la médiation numérique dans leur grande diversité.
Cédric O, secrétaire d’Etat au numérique, a annoncé la formation et l’embauche de 4000 conseillers numériques sur toute la France, le tout financé par l’Etat.

Un site Internet dédié de mise en relation candidats et recruteurs a été créé.
Ce sont d’abord les collectivités locales qui sont encouragées à recruter, viendra ensuite le secteur privé. Est financé : une formation de 350 heures et le poste à 100% sur deux ans ou 70% sur trois ans. Bien entendu, l’annonce n’a pas manqué de susciter débats et réaction au sein de la profession.

C’est pas du gâteau…

Qui va former les futurs conseillers numériques ?
4000 personnes à former jusqu’à fin 2022, le gouvernement veut créer un électrochoc pour aider le plus grand nombre à avoir prise sur le monde actuel.

Cela se traduit aussi par un gros gâteau 🍰 qui arrive sur le marché de la formation.

Mais qui ? Les centre de formation traditionnels type AFPA ou GRETA, les associations d’éducation populaire, les structures départementales ou régionales de médiation numérique déjà existant.e.s, les gros opérateurs connus pour leur formation au codage type Simplon… On risque d’assister au mariage de la carpe et du lapin, un choc de vision et de culture.

Dans les faits pour démarrer une session de formation il faut aligner trois planètes sur le même territoire : un groupe d’apprenants motivés, un groupe d’employeurs volontaires, et un organisme de formation légitime et compétent ; le tout sur un métier peu connu, là où les besoins sont hyper-connus…

Qui connaît un peu le monde de la formation professionnelle sait que selon le paysage sur lequel on est implantés, cela peut se révéler plus ou moins difficile. C’est pas du gâteau…

Et si l’Etat veut laisser la main aux collectivités locales, espérons que ces dernières vont saisir l’opportunité. Il faut des élus volontaires, conscients et informés… La médiation numérique doit être comprise comme un service public d’utilité locale. C’est pas du gâteau…

Quels contenus, quel référentiel pour la formation ?

D’autant plus que le financement s’étale sur deux ans, et après ? Qui financera les postes ? Que deviendront les conseillers numériques ? Ce qui nous amène au prochain débat :

Pourquoi conseillers numériques et pas médiateurs ? C’est peut-être un détail pour vous, mais dans les jours qui ont suivi l’annonce, la profession a défendu le second mot contre le premier.
Si le conseiller se limite à donner des indications, le médiateur tend vers l’autonomisation des personnes qu’ils accompagne. En somme “faire avec” > “faire à la place de” mais ce débat est loin d’être terminé. (A lire : les palimpsestes de Gérard Elbaze).

⌚ 350 heures de formation = 📅 10 semaines de cours, soit l’équivalent d’un certificat de compétence professionnelle. Pour vous donner une idée, c’est un peu moins que ma formation à l’ADEA pour un CCP (la mienne en comptait trois 📅📅📅 pour faire un titre pro 👨‍🎓).

Depuis ma place, sur le terrain, je peux vous assurer qu’à long terme cette courte formation ne permettra pas aux futurs conseillers numériques d’évoluer et de s’épanouir professionnellement.

Le métier vous oblige à apprendre continuellement, et apprendre ça s’apprend.

Sur le site du gouvernement, une offre de services et des missions d’accompagnement ont été clairement définis. On retrouve le basique, ok mais de mon point de vue, la médiation numérique ne peut se limiter à ce périmètre. Le numérique est transversal. Certains parlent même de développement territorial. La réalité du terrain et la diversité des besoins entre particuliers, publics et entreprises forment un ensemble complexe.

Promotion sociale

On m’arguera que c’est un premier pas, qu’il faut commencer quelque part, que “de 350 000 € autrefois on est passé à 250 millions”. Oui mais, j’y vois un risque, un effet pervers.

Comme les collectivités seront libres de choisir la personne recrutée, ce sont des diplômés avec CV et années d’expériences qui vont prendre ces futurs postes pour opérer une reconversion professionnelle, au détriment de personnes “éloignés”, “en difficulté” qui aurait bien besoin de comprendre le numérique. Et quoi de mieux que de transmettre pour comprendre. Les 350 heures deviennent tremplin, plus qu’un lancement. 🏄‍♀️> 🚀

Dommage, c’est un très beau métier pour faire de la promotion sociale. Aider “les plus éloignés du numériques” ce n’est pas simplement l’accès aux droits et le travail. C’est l’expression citoyenne, l’utilité sociale, la culture. Oui, je sais ce sont des grands mots et des vastes sujets mais c’est pour ça que j’aime le métier.

Soyons ambitieux, suscitons des vocations chez nos publics les plus en difficulté. Pensons sur le long terme, envisageons des parcours de long terme.

Dans les 350 heures de formation il y aura des sciences sociales nécessaires au métier, quid de l’apprendre à apprendre absolument nécessaire pour évoluer sur le marché du travail aujourd’hui ?

Cette formation devra être complétée plus tard. Avec quoi ? Les deux CCP restants de la formation Responsable d’espace de médiation numérique qui remplacera celle de Conseiller Médiateur Numérique l’été prochain ? 🧩🧩= 👩‍🎓 Mais là encore, qui dispensera ces formations ? Et surtout, en 2021… 🦠

Comment ?


En 2021, le Covid sera toujours là. Le télétravail, les MOOCS se sont popularisés, Digital Learning Manager devient un métier à la mode.
Alors comment former tout ce beau monde ? Présentiel vs distanciel. Sur LinkedIn, c’est Yann VandePutte, ingénieur de formation à l’AFPA, qui fut le premier à poser la question à la profession. Je reproduis ici ma réponse :

Il ne s’agit pas de faire la guerre présentiel vs distanciel. Les deux présentent avantages et inconvénients. Je pense que la plupart de la formation doit se dérouler en présentiel mais qu’une part de distanciel est nécessaire.

Pour plusieurs raisons :

  • Apprendre à sa promo le travail collaboratif en processus ouvert.
  • L’autonomie et l’autodiscipline, la débrouille.
  • Pousser ses apprenants à travailler et utiliser de nouveaux espaces : bibliothèques, tiers-lieux… etc…
  • L’apprendre à apprendre.

Lors de ma formation Conseiller Médiateur Numérique à ADEA formation(s) de Bourg-en-Bresse, nous avions fait un SPOC 🖖 (small private open courses ) durant une semaine sur la culture numérique avec des extraits de cours de Hervé le Crosnier (je recommande).
Nous devions rendre des travaux ensemble (travailler en groupe). Chacun avait la liberté de pousser le cours plus loin et d’en apprendre plus. Mais nous ne sommes pas tous égaux face à l’apprentissage et au numérique… Boucle bouclée.

Revoir Numériques en Communs.

Edit du 9 décembre 2020 : le marché public pour la formation des conseillers numériques est publié.


Mon premier MOOC, l’art de la pédagogie

Entre décembre 2019 et février 2020, la Grande École du Numérique proposait un cours en ligne sur “l’évaluation dans l’acquisition des compétences”. J’ai revu mes classiques et j’ai appris de nouvelles choses. 

Les MOOCs (massive open online course ou formation en ligne ouverte à tous) sont une forêt touffue dans laquelle on peut vite se perdre. Il en existe des millions sur des milliers de plateformes sur des sujets très divers (même sur l’histoire du terrorisme récent et la lutte contre la radicalisation). Moi-même, avant de rentrer en formation, je m’y étais essayé à plusieurs reprises sans grande réussite. Manque de temps, pas toujours sûr de ce que je cherchais, comme nombre d’apprenants je manquais d’assiduité… 

Pas si Massif, le MOOC

Cette fois-ci les enjeux étaient différents. Le cours était bien ciblé et bien contextualisé. Il s’adressait à une communauté précise, bien définie : les formateurs, coordinateur de formations, coordinateurs pédagogiques aux métiers du numérique, labellisée GEN… de préférence mais pas obligatoirement. 

Contrairement à une idée reçue, les MOOCs ne s’adressent pas au tout venant. Ils ne rendent pas le savoir universel accessible à tous d’un claquement de doigts, quelques pré-requis sont indispensables. L’apprenant doit savoir ce qu’il cherche ; les concepteurs pédagogiques à qui ils s’adressent et pourquoi.  

Dès le début, le temps nécessaire au MOOC était annoncé : deux à trois heures par semaine. Ce qui relève de l’ordre du possible dans une semaine de travail bien organisée.

Ce que j’ai appris

J’ai trouvé le cours bien construit, car les apprenants étaient poussés à l’action et la réflexion. Pour rappel un (bon) MOOC c’est ( ce sont ) : des cours en multimédia (texte, vidéos, sons…) + un forum + des visio-conf avec les concepteurs pédagogiques + des validations de compétences à chaque module. 

Après chaque cours, il fallait interagir, faire une proposition sur le forum et la confronter avec les autres apprenants. J’ai revu l’incontournable taxonomie de Bloom, j’ai appris le sens du mot docimologie. 

Sur les cinq modules, le plus intéressant était consacré aux OpenBadges. Le sujet est plutôt bien documenté, je vais essayer de faire bref et simple : 

Un OpenBadge, c’est comme une compétence acquise dans un jeu de rôle. 

Ex : Je suis sorcier, j’accède au niveau III grâce à mon expérience, j’acquiers la compétence nécromancie. Je vais pouvoir ressusciter les morts.

Dans le jeu de rôle du réel, un OpenBadge est une image avec des métadonnées qui valide une compétence dans un contexte particulier. 

Ex : J’ai le badge SuperMaker3D, il certifie que je sais me servir d’un scanner 3D, des logiciels de conception et d’impression 3D, et d’une imprimante 3D. Je l’ai obtenu au Lab01. Ce badge peut être reconnu dans d’autres FabLabs qui l’endossent ou reconnaissent des équivalences… et oui ce standard d’évaluation est ouvert !

Les OpenBadges sont portatifs, peuvent se partager sur des CV en ligne. À l’avenir on peut imaginer « qu’il y aura autant de badges que de sites webs » dixit le cours. Une diversité qui fera la richesse dans l’acquisition des compétences et la création de formation à la mesure de chacun.  

badgecanevas
Canevas pour créer son propre badge créé par l’association Reconnaître

Le MOOC comme outil et processus

Dans le monde de la pédagogie des formations professionnelles, des rélexions sont à l’oeuvre quant à l’utilisation des MOOCs. À la lumière de cette expérience, je crois qu’il ne faut pas voir dans le MOOC une finalité, mais un outil, un processus.

Notons quelques initiatives intéressantes : 

La région Auvergne-Rhône-Alpes lance bientôt une formation en partenariat avec l’Ecole des Mines de Saint-Etienne. Elle sera mi-MOOC, mi-FabLab. Elle s’adressera aux demandeurs d’emplois. J’imagine que le but sera de faire réaliser en FabLab ce qui a été appris grâce aux cours en lignes. 

Au Lab01, où je travaille, nous réfléchissons à la création d’un Campus Collectif. L’objectif est de réunir pendant deux heures par semaine des personnes qui suivent des cours en lignes (tutos youtube, MOOCs, tout ce qu’Internet peut offrir…) et de créer les conditions d’un partage des connaissances. Le meilleur moyen d’apprendre étant d’expliquer à d’autres ce que l’on a appris. Pour le moment nous essayons de lever les freins : trouver le bon créneau et un nombre suffisant d’apprenants.

Comme je l’ai expliqué plus haut, avant de suivre un MOOC il y a un chemin à parcourir : savoir se servir d’un ordinateur, savoir pourquoi on suit le MOOC… etc… 

Sur Internet, la plateforme We Co Learn (en cours de développement) veut mettre en relation les autodidactes, ainsi permettre la création de communautés apprenantes localisées. Un outil à tester pour les organismes de formation et les FabLabs. 

Quoi qu’il en soit, les cours en ligne s’inscrivent dans des enjeux multiples : formation continue des salariés, formation des formateurs, formation des personnes éloignées de l’emploi, réponse à de nouveaux besoins de compétences en entreprise…etc. 

Et maintenant je mets le cap sur un nouveau MOOC : l’atelier RGPD par la CNIL. 

Contribuer aux communs de la connaissance sur MoviLab :
Formation aux métiers du numérique

Merci à Catherine Serre, Mary de Paris, Sylvie Pollastri et les contributeurs anonymes pour leurs aides dans la publication de cet article.

Animer des Initiations Arduino, ce que j’ai appris

Cela fait bien longtemps que je n’ai pas alimenté ce blog, je n’en suis pas moins actif pour le moins.

Ma formation s’est arrêtée pour ce mois de décembre. Je consacre mon temps aux cours et au Lab01, Tiers-Lieux d’Ambérieu-en-Bugey, où je suis en stage. 

Afin de parfaire mes compétences de médiateur numérique, j’ai organisé des séances d’initiation Arduino.  Trois mercredis soirs d’affilé, sans pré-inscriptions, avec un peu de com’. C’est en forgeant que l’on devient forgeron.

C’est quoi Arduino ? Pourquoi Arduino ?

Arduino c’est une carte électronique dotée d’un micro-contrôleur, on peut brancher des capteurs et des actionneurs dessus. Il est possible de réaliser plein de projets sympas. (Construire des robots, imprimantes 3D, stations météos, etc…).

J’ai choisi Arduino car la manipulation de l’objet demande de faire des branchements électriques, d’écrire du code numérique et d’injecter ce code dans la carte. Dans le contexte d’un FabLab il me semble important que le public puisse toucher et manipuler, qu’il voit les effets d’un fichier numérique sur un objet réel (comme l’impression 3D).

Arduino permet également une bonne initiation au code. Il y a des outils de code visuels (nous le verrons) et l’on peut se confronter à la réalité de son IDE et la rudesse du code C.

Préparation

Rassurez vous : pas besoin d’être un hyper pro de l’Arduino pour réaliser ce type d’animations. Il suffit de bien connaître le sujet, d’être capable de réaliser quelques manipulations (faire clignoter une guirlande de leds par exemple), écrire et savoir décrypter des lignes de codes.

L’important c’est de donner le goût, le goût d’apprendre et d’aller plus loin, de chercher par soi-même. Donner l’envie d’avoir envie…

Pour communiquer, j’ai utilisé les réseaux sociaux du Lab. 
Le petit truc en plus : nous avons une Bulloterie au Lab, elle m’a permis de connaître les membres du Lab intéressés par le sujet et de leur envoyer un texto personnalisé.

En parallèle, j’ai créée une page MoviLab Arduino. J’ai simplement copié les éléments présents sur une autre page du wiki : Médiation numérique à l’internet des objets.
J’ai ensuite complété avec d’autres infos et liens et je suis arrivé à un beau résultat.

J’ai même écrit à l’ami Monsieur Bidouille pour qu’il intègre le lien dans la description de sa magnifique vidéo.

Cette page MoviLab a plusieurs fonctions :
– Elle permet de présenter et d’introduire le sujet lors de l’atelier.
– Elle sert de ressources et de trame pour l’atelier.
– Elle sert d’outil de remédiation et d’autonomisation des participants, les apprenants auront de la matière à ramener chez eux.

Pour me donner une feuille de route plus précise, je me suis servi de mes cours d’andragogie de l’ADEA et j’ai construit un scénario pédagogique. Une trame à suivre pour ne pas me perdre.

L’atelier

Le grand soir est arrivé. Tout d’abord, il faut créer l’ambiance, donner à voir et à toucher. Mettre un peu de musique, disposer du matériel à droite à gauche. Faire comprendre que l’on est dans un FabLab où l’on fait des trucs et construit des machins à partir de ses propres mains.

J’ai commencé par montrer la vidéo de U=RI. 2 minutes 30. Courte. Efficace. Elle permet d’introduire le sujet.
Ensuite, il s’agit de répéter, de remontrer, de répondre aux premières éventuelles questions. C’est également le moment de montrer les possibilités de l’Arduino avec de beaux objets comme le Smart Citizen, le Makey Makey ou la Gamebuino.

Mes ateliers ont attiré des enfants, j’ai donc adapté mon langage et réduit le nombre d’informations et d’exercices que je souhaitais donner.

Première manipulation : le Blink, brancher une led et une résistance sur la breadboard, les relier à l’Arduino et les faire clignoter grâce au bon code.

Il est possible de faire de l’Arduino sans Arduino. Tinkercad propose de faire des montages virtuels avec son programme Circuits.

Ensuite j’ai proposé aux enfants de complexifier les choses en faisant une guirlande : brancher trois leds et les faire clignoter alternativement comme un feu rouge. 

Tinkercad circuits

Un des avantages de Tinkercad est qu’il est possible de faire du code visuel et ensuite de montrer le code C produit pour mieux le traduire et le décrypter.

Une façon de poursuivre tout en simplifiant les choses est de montrer un kit Grove. Ce kit, que l’on peut acheté avec Arduino, permet de faciliter les branchements. On peut donc se concentrer sur le code.

Ce que j’ai appris

L’atelier appelé “Initiation Arduino” a surtout attiré des enfants ou des adultes qui accompagnent leurs enfants.

On ne transmet pas la même information de la même façon à un enfant de CM1 et à un élève de 3ème. Pour les petits, il est trop tôt pour écrire en C, après le premier Blink, vient le moment de jouer au Makey Makey ou code.org.

Il faut trouver à chacun le juste niveau de difficulté et le réadapter à chacun instant. Après “je ne comprends pas”, on descend d’un cran et vient le “c’est trop facile” : l’enfant avait besoin de passer par une étape plus simple pour réussir une tâche plus complexe.

Avoir un scénario pédagogique c’est bien, mais il faut savoir s’en détacher.  Impossible de faire la même séance à des enfants de niveaux différents.

Faire des Initiations Arduino doit servir des prétextes : pour découvrir le FabLab, la culture numérique, de nouveaux outils numérique.

On est vite dépassé, par la techno ou par les questions et les envies des apprenants. Impossible de devenir un expert Arduino, à moins d’en faire son métier et devenir électronicien ++. 

Faire des initiations Arduino, c’est aider les autres à franchir une barrière, celle d’un nouveau langage fait de codes et de manipulations. Et cela résume bien, je crois, la médiation numérique.


Comment apprendre des uns et des autres ?

Les huit cobayes de la première promo du Titre Pro Conseiller Médiateur Numérique terminent leur première semaine. Entre les cours et les pauses cigarettes, nous apprenons lentement à nous connaître.

Ma première impression était la bonne : nous avons des profils très différents.
Des geekos, des techos et des travailleurs sociaux. Comment allons nous apprendre des uns et des autres ? Déjà, nos formateurs nous mettent sur le métier.
Continuer la lecture de « Comment apprendre des uns et des autres ? »

C’est la rentrée des Conseillers Médiateurs Numériques

En ce mois d’avril 2018, je fais ma rentrée. Cela peut vous sembler étrange, mais je démarre une formation d’un an de Conseiller Médiateur Numérique au centre de formation de l’ADEA de Bourg-en-Bresse. Je découvre les locaux, la formation, mes professeurs et surtout mes camarades. Nous sommes la première promotion d’une formation qui répond à des besoins nouveaux. Ce métier nouveau est, en réalité, à la croisée du numérique et du travail social.

Une formation d’un nouveau genre

Nous sommes des cobayes. Nous sommes la première promotion d’une formation d’un nouveau genre. Cyberbase, Télécentre, espace publics numérique, Tiers-Lieux… la médiation numérique a une histoire. Portée par quelques pionniers, elle est née au début des années 2000 avant l’avènement des réseaux sociaux. À l’époque pas d’école, ni formation pour devenir médiateur numérique. Le métier s’apprend d’abord sur le terrain. Un peu moins de 20 ans après, les enjeux du numérique touchent toute la société. Le moment semble propice pour se lancer.

Nous apprendrons à accompagner différents types de publics : demandeurs d’emplois, handicapés et maisons de retraites. Nous allons d’abord suivre des trames de médiation avant de créer les notre.
Nous avons découvert nos salles de formation et de pratiques. Nous allons notamment travailler dans l’EPN de l’ADEA. Cet espace public numérique a été crée en 2013. Il a été pensé pour l’accessibilité des handicapés avec du matériels adaptés.

La plupart des locaux sont encore en cours d’aménagement #WorkInProgress #WorkInPromesse. Dans quelques mois nous aurons un FabLab, un espace de Coworking et un Learning Lab équipés de grand écran tactile.

Je suis heureux, car notre promo va participer à la construction du lieu et de la formation. À notre manière nous sommes des pionniers, nous faisons la trace.

La médiation numérique, un travail social

Nous sommes huit. Nous venons d’horizons très divers. Nous avons une grande variété de profils. Au jugé, nous avons de 19 à 40 ans.

Il y a un ancien boulanger-pâtissier, une auxiliaire de vie, une animatrice socio-culturel, un développeur web, une éducatrice de jeune enfant, un ancien étudiant en génie mécanique, et moi-même, ancien journaliste et Tiers-Lieux lover.

Nous avons tous une petite expérience de la médiation numérique. Nous sommes tous des autodidactes de l’informatique. La plupart d’entre nous a eu de longues expériences associatives.

Il y a des profils de geeks, de techos et de travailleurs sociaux. Nous avons beaucoup à apprendre des uns et des autres, je suis enthousiaste.
En ce premier jour de rentrée, nos formateurs ont eu à cœur de nous le répéter : “Cette formation est à la croisée du numérique et du travail social.”
Eh oui ! De plus en plus de services publics se dématérialisent. De plus en plus de démarches administratives se font par Internet.

Si vous avez besoin d’aide : appelez un médiateur !