Ce texte est extrait du livre “Le temps des algorithmes” de Serge Abiteboul et Gilles Dowek, chercheur à l’INRIA (Institut national de recherche en informatique et en automatique).
Cette page est une belle démonstration de l’importance de la culture et des usages numériques pour donner au plus grand nombre la possibilité “d’échanger des informations” et donc participer à la vie démocratique, sociale, économique. Je fais lire ce texte en formation de médiation numérique, il me sert de profession de foi.

La participation des citoyens à la vie démocratique

La pensée informatique […] décrit de nombreuses activités humaines comme de simples échanges d’information. Le gouvernement des états et des collectivités locales est l’un domaine dans lesquels cette vision est la plus exacte : dans les boulangeries nous transformons de la farine en pain, dans les usines du métal brut en voitures, mais dans le gouvernement ou des États ou des collectivités locales, nous ne transformons que de l’information. Le maire ne fait que parler, convaincre, décider, abriter, etc. Il touche rarement une pelle ou une truelle. Les institutions politiques sont des processus purement informationnels.

Différents systèmes politiques : dictature, démocratie directe, démocratie représentative, etc. ne sont que différentes manières d’organiser les échanges d’informations. Dans une dictature, l’information descend du dictateur au peuple. Dans une démocratie directe, l’information est transmise de l’assemblée des citoyens aux personnes en charge d’appliquer les décisions.
Dans une démocratie représentative, le flot d’information est plus complexe encore : des candidats aux citoyens, sous la forme de programmes, des citoyens aux agents chargés du décompte des voix, lors des élections, enfin des représentants élus aux personnes en charge d’appliquer les décisions.

Dans l’analyse de ces systèmes, une question essentielle est celle de la quantité d’information échangée par les agents. Si tous les cinq ans, par exemple, nous votons pour élire le chef de l’État, parmi trente-deux candidats, chaque citoyen transmet à la collectivité cinq bits d’information à chaque élection – car 32 = 2⁵

Le débit d’information du citoyen vers la collectivité est donc de cinq bits tous les cinq ans, soit un bit par an. En ajoutant les élections législatives, locales, etc., les élections, dans leur ensemble constituent un canal de communication dont le débit est de cinq ou six bits par an, soit pour employer une unité plus courante, de l’ordre de 0.0000001 bit par seconde.
Par comparaison, le débit montant de notre box domestique est **de quelque dix mille milliard de fois supérieur.

Serge Abiteboul et Gilles Dowek in Le temps des algorithmes (p.99 chapitre “Gouverner au temps des algorithmes)

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